
Ce mois-ci, on vous présente le portrait engagé de Pauline et Alice, qui portent le projet ‘la Thrifterie’, lauréat de la Bourse Hessel 2025 ! Toutes deux chercheuses à l’ULB, elles nous parlent de leur initiative.
Créée en 2015, la Bourse Stéphane Hessel aide les membres de la communauté à lancer leurs projets citoyens. Elle récompense, finance et accompagne les initiatives nouvelles portées par et/ou bénéficiant à la communauté étudiante. C’est en 2024, à travers les Ateliers Roue libre, lauréats de la Bourse Hessel en 2020 et 2021, qu’Alice et Pauline découvrent ce tremplin et décident de candidater avec leur projet “La Thrifterie”, portant sur la sensibilisation à la surconsommation et la promotion de la seconde main. Alice nous raconte la genèse du projet :
“Lors de mon Erasmus au Canada, je suis arrivée dans un logement étudiant où il y avait des meubles mais où il n’y avait pas d’accessoires, pas de couverts, fourchettes, de couettes, d’oreillers, des trucs basiques. J’ai eu la chance de tomber dans une colocation là-bas avec des filles qui étaient assez conscientisées et donc on s’est fournies majoritairement en seconde main, mais ça n’a pas été si évident que ça à trouver et il n’y avait aucune offre de la part de l’université. On était là pendant cinq mois, puis à la fin, on nous a dit qu’il fallait tout vider et il a fallu tout jeter. C’était vraiment dommage !”
De retour en Belgique, elle se demande s’il n’y aurait pas un lieu sur le campus où les étudiant·e·s pourraient justement se fournir en seconde main ou déposer des objets dont ils n’auraient plus besoins, une sorte d’entité qui faciliterait les échanges d’objets et de matériel pour les étudiant·e·s. L’idée lui trottant de plus en plus dans la tête, elle commence doucement à en parler autour d’elle et grâce à un appel via une story Instagram, elle identifie plusieurs personnes motivées à s’impliquer : le projet est officiellement né !
“La première réunion a eu lieu en octobre 2024. Et puis, on a lancé notre premier événement en mars 2025, un vide-dressing. On a enchaîné la semaine d’après avec une conférence sur la fast fashion,à laquelle on avait invité trois intervenantes aux parcours un peu différents pour aborder la thématique sous différents angles. C’était vraiment les deux premiers événements qui ont lancé le projet” nous raconte Pauline.



Mais malgré une grande motivation de la part des porteur·euse·s du projet, le financement restait un obstacle. La Bourse Hessel a été un vrai coup de pouce dans la concrétisation et mise en place de leurs idées. Elles nous expliquent :
“Monter un projet comme ça, c’est déjà énormément de travail et en fait là, on a pu souffler sur l’aspect financier et ne pas s’en préoccuper. S’il faut faire une dépense, on peut le faire, et c’est super gai d’avoir ce matelas-là. Pour le premier événement qu’on avait organisé, on avait demandé un subside à un cercle : j’avais dû faire trois réunions avec eux, aller à leur réunion officielle pour présenter le projet, j’avais dû rendre tous mes tickets de caisse et ils avaient encore discuté sur un truc ou l’autre. C’était fastidieux. Et au final, ça demande une énergie immense. Alors que là, c’est un dossier que tu fais une fois, et tu as un financement pour un an”.
Le processus de candidature se déroule en plusieurs étapes : tout d’abord, un entretien avec ULB Engagée pour vérifier l’éligibilité du projet, puis la rédaction du dossier de candidature, et enfin la présentation du projet devant le jury. C’est un travail conséquent, mais très bénéfique pour d’éventuelles demandes de subventions futures.
“L’écriture du dossier n’est pas courte non plus. C’était quand même long, mais je pense que c’est assez représentatif des demandes de financement de manière générale. Et comme c’était la première fois que j’écrivais un dossier, c’était difficile. Mais là, par exemple, on a fait une deuxième demande de financement cette année, et pour le dossier, je suis repartie de celui de la bourse. En fait, c’est beaucoup plus facile une fois qu’on en a fait un. C’est un peu effrayant quand on voit toutes les questions mais c’est vrai qu’une fois qu’on écrit, c’est gai, parce que tu parles de ton projet, tu expliques ce que tu as envie de faire” dit Alice.
“Ça te tourne un peu vers l’avenir aussi, parce que tu arrives à plus te projeter” rajoute Pauline.
Et après une présentation devant un jury, les filles ont reçu la bonne nouvelle que la Bourse leur avait été accordée ! Un vrai appui et encouragement pour leurs futures activités. Grâce au financement, elles ont pu investir dans du matériel vidéo tel que des micros, engager un graphiste afin de créer l’identité visuelle du projet, imprimer des affiches promotionnelles et louer des salles pour leurs évènements. L’équipe, qui compte désormais une dizaine de membres, de la communauté ULB et des externes, est plus que jamais motivée à faire grandir le projet.



Et pour celles et ceux qui hésitent à lancer leur propre initiative, Pauline et Alice ont un message à partager :
“Moi je dirais de se lancer. Je sais que l’idée me trottait en tête depuis déjà deux ans et j’avais un peu le trac, je me disais que les gens allaient penser “trop bizarre ton projet” et qu’ils n’allaient pas y croire. Alors qu’en fait, il y a plein de gens qui kiffent ! Et il faut aussi bien s’entourer. Je trouve que ce qui a été vraiment à chaque fois un coup de boost, c’est de rencontrer des gens qui avaient des projets similaires à l’extérieur. On a eu plusieurs contacts avec des gens qui avaient lancé d’autres initiatives dans le même style, de récupération, de seconde main, on a fait une formation de deux jours et on est revenus de là en mode “On va changer le monde” ! Ça nous a hyper boosté et c’est top” dit Alice.
“Il faut juste cette force mobilisatrice et il ne faut pas avoir peur que les gens ne viennent pas. Il y a tellement de gens qui attendent juste un projet dans lequel se lancer ! Et avoir différentes perspectives, c’est hyper stimulant et inspirant” dit Pauline.
